Église Notre -Dame (la Frédière) de St Hilaire de Villefranche

La façade sud et le chevet, depuis le sud-est

Données issues de l’inventaire du patrimoine des Vals de Saintonge

Historique

Commentaire historique : Construite au 12e siècle, l’église porte des détails de reprises, de consolidations et de modifications qui renseignent sur son histoire mouvementée.
Sa façade occidentale est percée d’un portail dont les chapiteaux sculptés et le boudin torsadé de l’archivolte témoignent de la construction primitive. Sur la face nord, à la jonction avec la travée droite du chœur, se situent des vestiges de piliers qui pourraient correspondre au décor de l’ancien chevet roman à colonnes-contreforts. Sur cette même façade, qui porte des traces de reconstructions, est également visible une ancienne ouverture basse en plein cintre qui semble avoir été aménagée à l’époque romane. Le mur sud, au niveau de la travée gauche du chœur, est renforcé de contreforts plats et percé de petites baies romanes.

La travée droite du chœur et le chevet à pans coupés, sont des reconstructions partielles du 14e siècle, avec des baies en arc brisé inscrites dans des embrasures en arcade. Ce chevet a été étayé d’arcs boutants pour pallier aux nombreuses fissures qu’il présentait.

À l’intérieur, dans le chœur subsistent la banquette romane demi-circulaire, une porte murée en plein cintre à claveaux et un lavabo liturgique. Dans le chevet gothique, ne restent de la voûte primitive que les formerets et les départs d’ogives retombant sur quatre faisceaux aux culots sculptés de têtes humaines. L’autel néoroman est, quant à lui, de la fin du 19e siècle.

Une campagne de restauration, concernant la façade occidentale, a été envisagée dès 1968. Les murs de la nef se sont déversés vers l’extérieur, provoquant une fissure importante sur le mur pignon et un affaissement des voussures du portail.
Le 13 février 1968, l’Architecte des Bâtiments de France mentionne dans une note l’état inquiétant de l’église, que le portail est profondément lézardé et que la façade menace de s´effondrer. En août, la municipalité prend un arrêté pour la fermeture de l’église, qui est alors devenue trop dangereuse pour le public. En 1977, après plusieurs projets avortés, le sous-préfet demande une aide importante de financement pour la restauration de l’église, sans quoi la municipalité serait contrainte de la démolir.
Ce n’est qu’en 1978 que le Conseil Général accorde à la commune une subvention pour la réalisation des travaux. La même année, monsieur Jean Thomas signe un acte d’engagement pour les travaux à faire sur la façade et des devis descriptifs et estimatifs sont réalisés.
Toujours en 1978, la commune fait une demande de subvention pour la réfection de la toiture qui a des fuites à plusieurs endroits. Une subvention sera accordée par un arrêtée préfectoral le 20 septembre 1979.

En 2008, une demande de classement de l’église dans sa totalité est transmise aux autorités supérieures, alors que la façade est déjà inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 1949. L’inscription totale de l’église sera effective le 26 novembre 2008.
Datation(s) principale(s) : 12e siècle ; 14e siècle
Datation(s) secondaire(s) : 4e quart 20e siècle

Description

Commentaire descriptif : L’église de La Frédière, construite en pierre de taille, adopte un plan régulier avec une nef unique prolongée d’un chœur.
La façade occidentale de l’église est flanquée de quatre contreforts plats et comporte des vestiges d’une fenêtre à colonnettes au-dessus. Le sommet se termine par un pignon, paré d’une croix à chaque angle, percé d’une ouverture où est logée la cloche. Cette face accueille un portail à trois voussures portées par des colonnes à chapiteaux particulièrement soignés avec au-dessus une archivolte à boudin torsadé. Les voussures internes sont sculptées de rangées de losanges et de besants et les chapiteaux présentent, de gauche à droite, une chimère ailée mordue par un serpent, deux chimères à tête unique, des motifs de feuillages, un chapiteau nu, un démon à longs bras tenant ses jambes et enfin deux chimères à tête unique dévorant un petit personnage.

La façade sud est parée, dans sa partie ouest, de contreforts plats et est percée de petites baies romanes. Sa partie orientale est flanquée de gros contreforts et est percée de baies gothiques en arc brisé. Sa face nord est dépourvue de tout élément, si ce n’est les vestiges de la construction primitive.

Son chevet, à pans coupés, est étayé de puissants arcs boutants formant à la base un chemin sous arcade et est percé de fenêtres en arc brisé placées dans des embrasures en arc brisé.

À l’intérieur, la nef présente un sol recouvert de pierres tombales anciennes et un arc triomphal ouvrant sur le chœur composé d’une travée. Primitivement voûté, il ne reste de cette voûte que des formerets, des culots sculptés de têtes humaines et des départs d’ogives.
Dans le chœur une porte murée en plein cintre à fins claveaux est visible sur le mur nord et un lavabo liturgique est creusés dans le mur sud. Au nord, la chaire en pierre comprend une cuve rectangulaire à légères moulures. Une statue mutilée, la vertu terrassant le vice, et une plaque commémorative aux morts de la guerre 1914-1918 sont également visibles à l’intérieur.
Matériau(x) de gros-œuvre et mise en œuvre : calcaire ; moellon ; pierre de taille
Matériau(x) de couverture : tuile creuse
Parti de plan : plan régulier
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 vaisseau
Type de la couverture : toit à longs pans
Technique du décor : sculpture
Représentation : ornement géométrique ; ornement végétal ; ornement figuré ; animal fantastique
Précision sur la représentation : Voussures du portail occidental sculptées de rangs de losanges et de besants.
Chapiteaux du portail occidental sculptés, de gauche à droite, d’une chimère ailée mordue par un serpent, deux chimères à tête unique, de motifs de feuillages, d’un démon à longs bras tenant ses jambes et enfin de deux chimères à tête unique dévorant un petit personnage.
Culots sculptés de têtes humaines, à l’intérieur de l’église.
État de conservation : bon état

Intérêt de l’œuvre

Date(s) et nature de la protection MH : 2008/11/26 : inscrit MH
Précisions sur la protection : L’église en totalité : inscription par arrêté du 26 novembre 2008.
Œuvre étudiée

En images…

3 Rue Seguin, 17770 Saint-Hilaire-de-Villefranche, France

Soumette une modification

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×