Église St Hilaire de St Hilaire de Villefranche

église St-Hilaire de Villefranche
L’église depuis le sud-ouest.

Données issues de l’inventaire du patrimoine des Vals de Saintonge

Historique

Commentaire historique : L’église de Saint-Hilaire de Villefranche serait mentionnée dans des chartes du 10e et du 11e siècles. Toutefois, les éléments conservés les plus anciens sont du 12e siècle : ainsi, la partie basse de la façade occidentale et certains éléments du chœur, à savoir les colonnes engagées et la partie intérieure des fenêtres du mur sud, sont datables de cette période et appartiennent au style roman.

Le chevet a été remanié dans le style gothique et surélevé d’un système défensif, peut-être au 16e siècle. La fenêtre axiale, la partie extérieure d’une baie du mur sud, la chapelle accolée au nord du chœur et le gros contrefort à l’angle nord-est datent de la même période. Selon un écrit du curé Jean-Robert Dupin de la fin du 18e siècle, le dispositif défensif comprenant ce contrefort à l’aspect d’une tour et un fossé aujourd’hui comblé, aurait conféré à l’église le surnom de « fort de Villefranche ». L’auteur indique que le contrefort, symbole du pouvoir du curé sur le bourg et une partie de la paroisse dont il était seigneur, aurait abrité un cachot attestant d’un droit de haute justice, ce qui semble peu probable. En revanche, cet élément architectural atteste d’une fortification de l’édifice avec l’aménagement de postes d’observation et de tir dans la partie haute. Des sondages archéologiques menés en 2014 ont retrouvé des vestiges du grand fossé de 3m de profondeur sur 5m de large qui entourait l’église : celui-ci est postérieur au cimetière médiéval et daterait peut-être, selon l’hypothèse des archéologues, du 16e siècle. D’autres fossés de ce type ont été observés autour des églises de Genouillé, Marsilly et Angoulins. De plus, une petite pièce en sous-sol à droite de l’entrée principale de l’église, avec un mur courbe, pourrait correspondre à la base d’une tour, mais aucun élément probant ne permet de l’affirmer.

On sait peu de choses de l’église pendant la période moderne. La date 1603 a été repérée, lors d’un diagnostic archéologique, sur un élément de corniche visible dans l’espace entre le mur nord de la nef et un bâtiment du presbytère, mais ce mur semble pourtant appartenir à la construction primitive, à moins qu’il ne s’agisse d’un remploi soigné. Toujours d’après Dupin, le seigneur de Laléard se serait approprié en 1765 la chapelle à gauche du chœur, avec l’accord du curé d’alors, son cousin. Souhaitant en faire une chapelle seigneuriale et funéraire, il lui aurait ôté son ancien vocable de saint Nicolas et y aurait fait placer ses armoiries et une balustrade, et aurait également fait peindre une litre funéraire dans l’église, dont il ne reste plus trace. Son épouse aurait été inhumée en 1783 dans cette chapelle, mais le creusement du caveau ayant menacé la stabilité de l’édifice, l’opération n’aurait pas été renouvelée.

Les importants travaux réalisés au 19e siècle sont mieux documentés. En 1817, le clocher s’effondre, endommageant la voûte du chœur. Il est reconstruit immédiatement, une inscription commémorative avec la date 1817 est visible à l’intérieur. En revanche, sans doute par manque de moyens, la voûte du chœur, partiellement affaissée, est laissée en l’état. Ce n’est qu’en 1859 que l’urgence de la faire réparer est constatée : le procès-verbal de visite des lieux dressé par l’architecte Aimé Bonnet indique même que des pierres se sont détachées lors de la visite. L’année suivante, le sous-préfet demande de faire réparer l’intégralité de la voûte du chœur à la commune, qui souhaitait se borner à la partie endommagée par souci d’économie.

Il semble probable que la chute du clocher ait également ruiné une chapelle située à droite de la nef, citée par Dupin qui indique qu’elle était dédiée à sainte Agathe. L’actuelle, dédiée à saint Joseph, a été construite en 1817 comme l’indique la date portée, avec des pierres tombales remployées. Le mur sud de la nef pourrait avoir été remanié à la même période, si l’on en juge par la ressemblance des fenêtres.

Les papiers de la fabrique font état du fort investissement personnel d’un curé, M. Charles, pour l’embellissement de l’église. Celui-ci fit réaliser, à ses frais, les peintures des murs et de la voûte du chœur en 1846, le remaniement la partie haute du pignon ouest, l’aménagement de l’arc entre la chapelle sud et la nef en 1847 pour agrandir l’espace pour les fidèles, ainsi que l’installation d’un autel secondaire en 1851. Suite à une visite de l’évêque en 1859, un auvent qui était accolé devant la façade occidentale pour accueillir les nombreux fidèles les jours de fêtes, est démoli car en très mauvais état.

Une horloge est installée au clocher en 1853. En 1899, il est dit que la corde qui porte le poids de l’horloge s’est rompue pour la douzième fois en trente ans. Cette fois-ci, le poids a défoncé le sol de la base du clocher en tombant et a permis de mettre au jour un ossuaire de 3,50m de long sur 3,50m de large. De nombreux ossements humains, formant un amas d’1,50m de haut y avaient été déposés pêle-mêle. L’entrée du caveau aurait été mise au jour dans le jardin de l’ancien presbytère, à trois mètres de profondeur, et un jour muré était aménagé dans le sol du clocher. Il semble qu’aucun élément découvert ne permit de formuler une datation pour cet ossuaire, mais le souvenir en avait été oublié depuis longtemps. On peut toujours voir cette cavité aménagée sous le clocher ainsi que le poids qui est tombé de l’horloge.

Devenue propriétaire de l’église et de l’ancien presbytère attenant avec la loi de séparation des églises et de l’État (1905), la municipalité décide en 1913 de condamner les accès de l’un à l’autre : le clocher et les combles de l’église, jusqu’ici accessibles uniquement depuis le presbytère, sont désormais desservis par des échelles placées à l’intérieur du clocher. L’accès à la sacristie et à l’ossuaire depuis le jardin de la cure sont également condamnés.

La façade occidentale est inscrite au titre des Monuments Historiques par arrêté du 28 février 1955. Une demande de classement du chevet, formulée par la municipalité en 1981, n’aboutira pas. L’édifice a fait l’objet d’un important nettoyage et de restaurations à partir de 2009.
Datation(s) principale(s) : 12e siècle ; 16e siècle ; 1er quart 19e siècle ; 2e quart 19e siècle
Date(s) : 1817
Justification de la datation : porte la date ; daté par source
Remploi : remploi

Description

Commentaire descriptif : L’église de Saint-Hilaire de Villefranche est orientée, c’est-à-dire que le chœur se situe face à l’est. Le bâtiment comprend une nef et un chœur formant un rectangle simple, lequel est flanqué du clocher et d’une première chapelle au sud, d’une seconde chapelle et de la sacristie au nord.

La partie basse de la façade occidentale, romane, est épaulée de contreforts plats. Le portail se compose de deux voussures reposant sur des colonnes engagées à chapiteaux sculptés d’entrelacs, motif que l’on retrouve sur les abaques des chapiteaux qui se prolongent sur toute la façade ainsi que sur le bandeau d’archivolte. Les motifs sont très érodés. A droite, une pierre sculptée incluse dans la maçonnerie, également abîmée, représente un personnage assis portant dans ses mains la tête d’un autre personnage couché sur ses genoux. La pierre qui faisait son pendant à gauche du portail n’est plus lisible.

Au-dessus se trouve une corniche supportée par des modillons nus ou sculptés, représentant un tonneau, un personnage assis, des tissus noués et d’autres non identifiés, certains très abîmés. Juste sous la corniche se situe un bas-relief représentant l’agneau pascal. La partie supérieure de la façade comprend un pignon découvert surmonté d’une croix en pierre et un grand oculus surmontant la trace d’une ancienne fenêtre en plein cintre.

Le mur sud de la nef est percé de deux baies en plein cintre, de même que la chapelle accolée en appentis. Cette dernière possède également une porte en plein cintre à sommiers saillants et agrafe datée et inscrite, gravée d’une croix. Les pierres des appuis des fenêtres sont d’anciennes pierres tombales remployées. Accolé à droite, le clocher carré est épaulé de contreforts d’angles, percé d’ouvertures en plein cintre et orné d’une corniche. La toiture en pavillon, sommée d’une girouette, est couverte d’ardoise. Depuis l’espace ménagé entre un bâtiment du presbytère et le mur nord de la nef, une corniche à modillons et un escalier en pierre ont été récemment observés.

Le chœur, nettement plus haut que la nef, possède un chevet plat surmonté d’une croix. Celui-ci est orné de deux arcs aveugles en plein cintre reposant sur de hautes colonnes engagées à chapiteaux nus, de part et d’autre d’une baie en arc brisé à fort ébrasement et remplage flamboyant. Le mur sud, épaulé de contreforts plats, est percé d’un enfeu en partie basse, ainsi que de deux étroites fenêtres : romanes de par leur forme en plein cintre et leurs colonnettes engagées visibles à l’intérieur, l’une a été remaniée à l’extérieur à l’époque gothique et présente un arc brisé. Contre le mur nord est accolée une chapelle en appentis, percée d’une fenêtre en arc brisé, ainsi que la petite sacristie. Au-dessus de cette dernière, on peut voir un fragment de corniche, peut-être romane. L’angle nord-est est flanqué d’un épais contrefort. L’ensemble du chœur a été surélevé et la partie supérieure a été percée de petites ouvertures, dont un oculus.

A l’intérieur, l’unique vaisseau est couvert d’une voûte en plein cintre, renforcée au niveau du chœur par deux arcs doubleaux en arc brisé, supportés par des colonnes romanes engagées aux chapiteaux nus. Une tribune occupe le revers de la façade. Les vitraux figurés représentent sainte Eustelle, le Christ et la Vierge.

Le mur oriental est dissimulé par un grand retable, comprenant un autel, encadré de quatre colonnes à chapiteaux corinthiens supportant un entablement et une corniche à modillons, ainsi qu’un fronton interrompu par des volutes, le tout peint en faux marbres et en dorures. Au-dessus de l’autel est placé un tableau représentant saint Eutrope et sainte Eustelle, qui semble avoir été fortement repeint. Deux niches sont aménagées dans le mur nord du chœur. La voûte est peinte de faux caissons bordés de frises végétales, et la partie haute du mur oriental de trophées ecclésiastiques, le tout dans des tons bruns-orangés. Les vitraux de la baie axiale représentent saint Hilaire et saint Eutrope.

Deux grands arcs moulurés donnent accès aux deux chapelles. Celle à droite de la nef, dédiée à saint-Joseph, est très simple : son mobilier se compose d’un autel, d’une plaque sculptée dédiés aux morts de la paroisse de la Première guerre mondiale, de vitraux représentant saint Joseph et le baptême du Christ, rappelant que les fonds baptismaux se trouvaient ici.

La chapelle à gauche du chœur, gothique, possède une voûte sur croisée d’ogives retombant sur des colonnes engagées et sur un culot sculpté d’une chauve-souris. La clé de voûte est ornée d’un écu. A la base de l’arc entre la nef et la chapelle, sont visibles, à droite, ce qui semble être deux animaux (chiens ?) assis dont les têtes ont disparu. La chapelle est dédiée à la Vierge de Lourdes, représentée par la statue sur l’autel et le vitrail dont les armoiries n’ont pas été identifiées. La trace d’une fenêtre romane est visible au-dessus de l’entrée de la chapelle.

L’église recèle de nombreuses épitaphes de prêtres inhumés dans l’église, datant du 17e au 19e siècle (voir annexe 1).
Matériau(x) de gros-œuvre  et mise en œuvre : calcaire ; pierre de taille ; moellon ; enduit partiel
Matériau(x) de couverture : tuile creuse ; ardoise
Parti de plan : plan rectangulaire régulier
Vaisseau(x) et étage(s) : 1 vaisseau
Type et nature du couvrement : voûte en berceau plein-cintre
Type de la couverture : toit à longs pans ; toit en pavillon
Technique du décor : sculpture ; peinture ; vitrail
Représentation : ornement géométrique : croix, entrelacs ; ornement végétal ; ornement architectural : tonneau, écu ; ornement animal : agneau, chien, chauve-souris ; ornement figuré : homme ; personnages : Christ, Vierge, saint Hilaire, saint, sainte
Précision sur la représentation : Pignons du bâtiment surmontés de croix. Chapiteaux et abaques des colonnes du portail sculptés d’entrelacs ainsi que le bandeau d’archivolte. Pierre sculptée représentant un personnage assis portant dans ses mains la tête d’un autre personnage couché sur ses genoux. Modillons de la corniche sculptés d’un tonneau, d’un personnage assis, de tissus noués et d’autres motifs non identifiés.
Voûte du chœur peinte de faux caissons bordés de frises végétales, partie haute du mur oriental peint de trophées ecclésiastiques.
Croix gravée au-dessus de la porte de la chapelle Saint-Joseph.
Voûte de la chapelle de la Vierge ornée d’un culot sculpté d’une chauve-souris, clé de voûte sculptée d’un écu. Chiens (?) sculptés à la base de l’arc entre la nef et la chapelle.
Vitraux représentant le Christ, la Vierge, saint Hilaire, saint Eutrope et sainte Eustelle.
Inscription(s) portée(s) sur l’édifice : Voir annexe 1.
État de conservation : bon état ; restauré

Intérêt de l’œuvre

Date(s) et nature de la protection MH : 1955/02/28 : inscrit MH
Précisions sur la protection : Façade occidentale : inscription par arrêté du 28 février 1955.
Œuvre repérée

En images…

place de l'église saint-hilaire de villefranche

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